CRIC Association / accompagnement pour une inclusion sociale et professionnelle réussie Fri, 16 Jan 2026 09:26:32 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9.4 /wp-content/uploads/2025/02/cropped-Favicon-PNG-32x32.png CRIC Association / 32 32 Nos meilleurs vœux pour 2026 /nos-meilleurs-voeux-pour-2026/ /nos-meilleurs-voeux-pour-2026/#respond Fri, 16 Jan 2026 09:26:32 +0000 /?p=8579 En ce début d’année 2026, j’adresse à chacune et chacun d’entre vous – administrateurs, personnels, partenaires et personnes accompagnées – mes vœux les plus sincères et chaleureux. Que cette nouvelle année vous apporte santé, sérénité et élan ! Qu’elle soit aussi une source de réussite partagée et d’espérance collective. Fidèle à ses valeurs fondatrices, le…

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En ce début d’année 2026, j’adresse à chacune et chacun d’entre vous – administrateurs, personnels, partenaires et personnes accompagnées – mes vœux les plus sincères et chaleureux.

Que cette nouvelle année vous apporte santé, sérénité et élan ! Qu’elle soit aussi une source de réussite partagée et d’espérance collective.

Fidèle à ses valeurs fondatrices, le CRIC continuera d’avancer avec détermination aux côtés des personnes en situation de handicap. Ensemble, nous affirmons, plus que jamais, que leur place pleine et entière dans la Société est un droit fondamental. Et c’est notre « responsabilité commune » d’en faire une réalité, dans toutes les dimensions de la vie : éducation, emploi, culture, sport, citoyenneté.

En 2026, faisons vivre nos convictions : unissons nos forces, nos compétences et nos énergies pour bâtir une société inclusive, respectueuse et ouverte à toutes les différences.

Que cette année soit placée sous le signe de la cohésion, de l’engagement et du respect de la dignité humaine. Ensemble, faisons du CRIC un acteur toujours plus présent, solidaire et porteur d’avenir.

Le Président du CRIC

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Trump supprime le personnel et le financement de l’éducation spécialisée /trump-supprime-le-personnel-et-le-financement-de-leducation-specialisee/ /trump-supprime-le-personnel-et-le-financement-de-leducation-specialisee/#respond Mon, 13 Oct 2025 07:57:05 +0000 /?p=8567 « Pendant trop longtemps, les Américains ont été écrasés par ce système corrompu. Nous allons ramener la santé à l’Amérique. » (Donald Trump, 2025) Sous prétexte d’une fermeture gouvernementale, l’administration Trump a frappé un grand coup contre l’un des piliers les plus sensibles de l’éducation américaine : le soutien aux élèves handicapés. En licenciant ce…

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« Pendant trop longtemps, les Américains ont été écrasés par ce système corrompu. Nous allons ramener la santé à l’Amérique. » (Donald Trump, 2025)

Sous prétexte d’une fermeture gouvernementale, l’administration Trump a frappé un grand coup contre l’un des piliers les plus sensibles de l’éducation américaine : le soutien aux élèves handicapés.

En licenciant ce 10 octobre, presque tout le personnel du Bureau de l’éducation spécialisée et des services de réadaptation, le gouvernement a tout bonnement décapité la structure chargée de superviser 15 milliards de dollars destinés à 9,5 millions d’élèves vulnérables. Autrement dit, l’État sabote lui-même la Loi sur l’éducation des personnes handicapées (IDEA), pourtant censée garantir l’égalité des chances.

Le carnage administratif est total : les équipes responsables du suivi, de la distribution et du contrôle des fonds ont disparu, laissant les familles et les écoles sans interlocuteur. Des responsables du département, atterrés, parlent de décision « ridicule ». Comment assurer que l’argent parvienne encore aux États ? Comment prétendre défendre les droits des enfants à besoins spécifiques quand il n’y a plus personne pour le faire ?

Le syndicat des employés fédéraux crie à la violation du droit du travail et dénonce un coup de massue supplémentaire sur un ministère déjà exsangue — amputé de 90 % de son personnel pendant la fermeture et déjà saigné par des départs massifs orchestrés plus tôt par la même administration.

Pendant ce temps, la secrétaire à l’Éducation Linda McMahon répète qu’elle « protège » l’IDEA, alors même qu’elle supprime ceux qui la font vivre. Hypocrisie ou incompétence ?

Cerise sur le gâteau : Trump envisage de transférer la supervision de l’IDEA au département de la Santé, dirigé par Robert F. Kennedy Jr., transformant l’éducation spécialisée en champ d’expérimentation bureaucratique.

Derrière cette purge, se profile une stratégie politique cynique : faire des enfants handicapés les otages d’un bras de fer partisan. L’administration Trump ne réforme pas, elle démantèle. Et ce sont les plus fragiles qui paient la facture.

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Les établissements médico-sociaux du handicap en difficulté /les-etablissements-medico-sociaux-du-handicap-en-difficulte/ /les-etablissements-medico-sociaux-du-handicap-en-difficulte/#respond Mon, 13 Oct 2025 07:52:12 +0000 /?p=8548 Les établissements médico-sociaux en charge du handicap vivent des situations financières de plus en plus critiques. Qu’ils soient privés ou publics ne fait pas la différence. Les établissements médico-sociaux publics : une spirale financière préoccupante Depuis 2023, les établissements et services médico-sociaux (ESMS) publics spécialisés dans le handicap traversent une crise financière sans précédent. En…

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Les établissements médico-sociaux en charge du handicap vivent des situations financières de plus en plus critiques. Qu’ils soient privés ou publics ne fait pas la différence.

Les établissements médico-sociaux publics : une spirale financière préoccupante

© Ben Allan unsplash

© Ben Allan unsplash

Depuis 2023, les établissements et services médico-sociaux (ESMS) publics spécialisés dans le handicap traversent une crise financière sans précédent. En 2024, près de 60 % d’entre eux affichaient un déficit, contre 44 % l’année précédente. Un signe d’aggravation rapide.

Les Maisons d’accueil spécialisées (MAS) et les Foyers d’accueil médicalisés (FAM) sont les plus touchés, malgré un taux d’activité élevé. Plus de la moitié fonctionnent à plus de 95 % de capacité.

Des indicateurs financiers qui se dégradent :

  • Trésorerie fragile : la moitié des ESMS autonomes disposaient fin 2024 de moins de 83 jours de trésorerie, les obligeant parfois à recourir à l’emprunt.

  • Capacité d’autofinancement en baisse : de 5,2 % en 2023 à 4,85 % en 2024.

  • Hausse des charges (inflation, coûts énergétiques, absentéisme) et revalorisations salariales insuffisamment compensées par l’État.

43 % des établissements ont bénéficié d’aides exceptionnelles en 2024. Mais le secteur public reste fragilisé par  des contraintes budgétaires strictes, des écarts de tarification entre établissements. Sans compter les difficultés de recrutement, accentuées par l’exclusion partielle du personnel des revalorisations issues du Ségur de la santé.

Les établissements médico-sociaux privés : entre adaptation et précarité

Les établissements privés, qu’ils soient associatifs à but non lucratif ou commerciaux, jouent un rôle tout aussi central dans l’accompagnement du handicap. En France, en 2025, ils assurent environ la moitié de l’offre médico-sociale, soit plus de 300 000 places pour enfants et adultes handicapés .

Sur le plan financier, les structures privées rencontrent des difficultés similaires à celles du public. En 2023, près de 49 % des établissements accueillant des adultes et 39 % de ceux accueillant des enfants étaient en déficit.

Trois causes principales :

  • une pression sur les tarifs fixés par les départements et l’Assurance maladie, souvent jugés insuffisants ;
  • une inadéquation entre dotations et charges réelles (salaires, inflation, adaptation des locaux, etc.) ;
  • une instabilité des financements liée aux appels à projets et à la baisse des subventions publiques.

Certains établissements associatifs parviennent à limiter les pertes grâce à des fonds propres, des campagnes de dons ou une gestion plus souple, mais ces leviers ne suffisent plus à enrayer la dégradation générale.

Enjeux communs et spécificités

Les deux secteurs affrontent aujourd’hui des défis majeurs de hausse des coûts, de tensions sur le recrutement et de financements insuffisants.

Mais leurs marges de manœuvre diffèrent :

  • Le secteur public reste pénalisé par une rigidité budgétaire et des charges structurelles élevées, difficilement compensées.

  • Le secteur privé associatif conserve une certaine souplesse, mais demeure fortement dépendant de financements instables (subventions, appels à projets, dons).

  • Les structures lucratives, plus rares dans le champ du handicap, privilégient une logique de rentabilité, souvent au détriment de l’innovation sociale et du lien humain.

Quelle pérennité pour l’offre médico-sociale ?

Les constats soulignent l’urgence d’une refonte du modèle de financement des établissements médico-sociaux.

Sans mesures correctives rapides — revalorisation durable des dotations, compensation réelle des charges et équité de traitement entre acteurs —, c’est l’ensemble du dispositif d’accompagnement du handicap qui risque de se fragiliser.

Pour les familles et les personnes en situation de handicap, cette crise se traduit déjà par  une rareté des places disponibles, une offre territoriale restreinte et une inquiétude croissante quant à la capacité des établissements à maintenir un accompagnement digne et adapté dans les années à venir.

Et CRIC Association ?

L'établissement de CRIC Association à Pau

L’établissement de CRIC Association à Pau © CRIC

La politique suivie avec constance depuis plusieurs décennies par la gouvernance de CRIC Association a permis de maintenir une solidité financière robuste. Elle  garantit ainsi la capacité continue d’investir et de porter des projets de développement ambitieux.

Cette réussite repose également sur la résilience remarquable des équipes. Leur engagement, la créativité et la capacité d’adaptation ont été des atouts essentiels face aux défis économiques et aux périodes d’incertitude.

Par leur mobilisation constante et leur esprit d’innovation, les collaborateurs ont su soutenir la stratégie globale. Ils assurent non seulement la pérennité financière mais aussi la dynamique de croissance durable. Grâce à cette synergie entre une politique rigoureuse et des équipes performantes, CRIC Association  continue de construire son avenir avec confiance et audace.

Références :

Qui finance la prise en charge du handicap et de la dépendance ?

Politiques handicap France : quelles avancées et quels défis pour demain ?

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Le décret n°2020-1216 du 2 octobre 2020, 5 ans déjà /le-decret-n2020-1216-du-2-octobre-2020-5-ans-deja/ /le-decret-n2020-1216-du-2-octobre-2020-5-ans-deja/#respond Tue, 30 Sep 2025 07:42:42 +0000 /?p=8504 Depuis cinq ans,  le décret n°2020-1216 du 2 octobre 2020 transforme en profondeur l’accompagnement des personnes en situation de handicap vers l’emploi. C’est un texte qui influence concrètement la vie de centaines de personne. Mais il reste encore peu connu du grand public et il mérite d’être mieux compris. Imaginez pouvoir bénéficier d’un parcours personnalisé,…

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Depuis cinq ans,  le décret n°2020-1216 du 2 octobre 2020 transforme en profondeur l’accompagnement des personnes en situation de handicap vers l’emploi. C’est un texte qui influence concrètement la vie de centaines de personne. Mais il reste encore peu connu du grand public et il mérite d’être mieux compris.

Imaginez pouvoir bénéficier d’un parcours personnalisé, flexible et proche de chez soi, pour se réinsérer professionnellement malgré un handicap. C’est l’ambition portée par le décret du 2 octobre 2020, qui redessine aujourd’hui les services de réadaptation dans notre territoire. C’est un changement tangible qui bouscule les habitudes et offre de vraies opportunités,. Mais il soulève aussi des défis locaux.

Le décret n°2020-1216 du 2 octobre 2020, c’est quoi ?

Il y a cinq ans, le décret n°2020-1216 posait un nouveau cadre juridique pour les établissements et services de préorientation (ESPO) et de réadaptation professionnelle (ESRP). Ce texte fondateur a profondément transformé la manière d’accompagner les personnes en situation de handicap vers une meilleure insertion professionnelle.
C’est un jalon important dans l’histoire sociale française et célébrer son 5ème anniversaire est essentiel. Mais au-delà de la commémoration, il est temps de faire le point sur ses objectifs, ses réussites et ses limites.
Que révèle l’expérience concrète de ces cinq dernières années ? Que disent les chiffres de la région Nouvelle-Aquitaine ? Et quel rôle continue de jouer la FAGERH, l’un des initiateurs de ce décret ?

Les objectifs du décret n°2020-1216

Avant 2020, le secteur de la réadaptation professionnelle souffrait d’un cadre juridique éclaté et peu structurant, notamment pour les centres de préorientation (CPO) et les centres de réadaptation professionnelle (CRP). Le décret n°2020-1216 a unifié ces dispositifs sous une nouvelle appellation plus large : les Établissements et services de préorientation (ESPO) et Établissements et services de réadaptation professionnelle (ESRP). Cette terminologie symbolise une évolution majeure : passer d’une logique de « centres » à celle de « services » flexibles, mobiles et intégrés à proximité des usagers.

L’objectif principal était clair : élargir et harmoniser l’offre d’accompagnement, en s’adaptant aux besoins spécifiques des personnes, souvent fragilisées par le handicap, la maladie ou des difficultés d’insertion. Il s’agissait de proposer des parcours modulaires et personnalisés, plus longs, pouvant s’étendre jusqu’à deux ans, et ainsi mieux coller aux rythmes individuels.

En parallèle, le décret visait à encourager l’inclusion, en élargissant les publics bénéficiaires : jeunes dès 16 ans, travailleurs en ESAT, salariés, indépendants, personnes avec ou sans reconnaissance officielle du handicap. Une des nouveautés fut aussi de réduire la complexité d’accès, en limitant la dépendance à l’orientation obligatoire de la CDAPH (Commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées) et en simplifiant ainsi les démarches.

Le décret n°2020-1216 : de l'exclusion vers l'inclusion © unsplash

Le décret n°2020-1216 : de l’exclusion vers l’inclusion © unsplash

Les plus et les moins de l’application du décret n°2020-1216

Après cinq ans, les retours du terrain montrent un bilan globalement positif, mais avec des défis persistants.

Du côté des avancées :

Le décret n°2020-1216 - Handicap et formation @ unsplash

Handicap et formation @ unsplash

  • Le cadre unifié a clarifié les missions et officialisé des pratiques déjà en développement. Les acteurs bénéficient d’une visibilité accrue. Le pilotage et la coordination des services se sont améliorés.
  • L’allongement et la modularité des parcours offrent une réponse plus humaine, adaptée aux capacités et contraintes de chaque personne. Ils corrigent un format rigide et inadapté.
  • Les formations qualifiantes se sont diversifiées, ce qui facilite l’insertion durable dans l’emploi.
  • Certaines barrières administratives ont été levées, réduisant la distance entre la demande et la prise en charge.

Cependant, plusieurs aspects restent perfectibles :

  • Le délai d’instruction des demandes reste un point critique. Des temps d’attente de plus d’un an peuvent décourager les candidats.
  • On observe une grande inégalité régionale dans la qualité et la quantité des offres. Certains départements restent peu ou mal équipés, ce qui limite l’accès à ces dispositifs.
  • La crise sanitaire mondiale a ralenti les flux d’entrée et sortie et affecté la continuité des parcours.
  • Le secteur est encore confronté à une tension sur les ressources humaines des établissements. Il existe toujours  un besoin urgent de renforcer les effectifs et leur formation.
  • Enfin, il faut renforcer la coordination entre les ESPO/ESRP et les autres acteurs (emploi, formation, santé au travail).

Les observations en Nouvelle-Aquitaine en 2022

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Les ESRP et ESPO en Nouvelle Aquitaine en 2022 © ARS Nelle Aquitaine

Un premier bilan a été fait en 2022 dans tous les établissements de Nouvelle-Aquitaine. Le rapport chiffré publié en 2022 par l’ARS et le CREAI dresse un état des lieux détaillé et nuancé.

La région dispose en 2022 de 1257 places en ESRP et 164 en ESPO. C’est un taux d’équipement supérieur à la moyenne nationale, attestant d’un effort d’investissement remarqué. Elle compte 12 ESRP et 9 ESPO, répartis sur plusieurs sites et antennes, notamment Angoulême, Rochefort, Pau/Jurançon, Limoges et Poitiers.

Au 31 décembre 2020, les ESRP emploie 402 ETP (équivalents temps plein). L’encadrement moyen est satisfaisant, avec 18 ETP par 100 personnes en suivi actif. Le rapport indique une activité croissante, mais tempérée par la crise sanitaire qui a freiné les orientations des personnes en situation de handicap. Environ 680 accords d’orientation vers ESPO en 2021, contre des chiffres supérieurs avant crise.

Le rapport met en avant la diversité des prestations proposées dans la région. Évaluations médico-psycho-sociales, formations qualifiantes, accompagnement social, ainsi que le développement de partenariats pour fluidifier les parcours. Mais il pointe aussi des disparités territoriales persistantes, avec des écarts notables dans la qualité de l’offre, les ressources humaines et la capacité à répondre aux besoins.

Le rapport préconise à terme, de mieux structurer l’offre et renforcer la coordination territoriale, pour limiter ces disparités et améliorer l’accès aux dispositifs.

La FAGERH commémore ce 5ème anniversaire du décret n°2020-1216

Logo 5ème anniversaire du décret n°2020-1226 ESPO-ESRP

Le 5ème anniversaire du décret n°2020-1226 © FAGERH

La FAGERH (Fédération des Acteurs de la Grande Équipe de Réadaptation et d’Insertion professionnelle des personnes Handicapées) a été un acteur clé dans la genèse et la mise en œuvre de ce décret. Cette fédération œuvre depuis sa création pour porter la voix du secteur, promouvoir une réadaptation professionnelle de qualité, et accompagner les transformations nécessaires.

Pour les cinq ans du décret, la FAGERH a lancé « Fagerh Boost Transfo », un projet soutenu par la CNSA (Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie) dont l’objectif est d’accompagner les acteurs dans cette dynamique d’innovation, d’adaptation et de partage des bonnes pratiques dans tout le réseau des ESPO et ESRP.

Elle milite pour un système plus fluide, plus souple, et mieux implanté territorialement, reconnu pour son rôle social incontournable.

En conclusion

Cinq ans après son entrée en vigueur, le décret du 2 octobre 2020 est indéniablement un texte structurant. Il a changé le paysage de la réadaptation professionnelle en France. Ainsi il incarne une avancée sociale qui élargit et améliore les parcours d’accompagnement des personnes en situation de handicap. Il participe à un accès à l’emploi plus inclusif.

Les progrès sont visibles. Une meilleure organisation des services, des parcours plus personnalisés, une diversification des formations, des réponses mieux adaptées aux besoins individuels. Mais les défis restent nombreux, à commencer par la réduction des délais d’attente, la lutte contre les disparités territoriales, et le renforcement des ressources humaines.

La mobilisation de l’ensemble des acteurs est essentielle pour transformer ces enjeux en succès durables.

La célébration du 5ème anniversaire est un appel à poursuivre les efforts. La réadaptation professionnelle doit devenir un levier puissant et reconnu de l’inclusion sociale et professionnelle pour tous.

Cette histoire est encore à écrire. Mais elle témoigne déjà d’une transformation sociétale profonde, et d’un engagement collectif pour un avenir professionnel ouvert à chacun, sans exclusion.

Références :

Le Décret n° 2020-1216
Les ESRP, établissements et services de réadaptation professionnelle et les ESPO, établissements et services préorientation, en Nouvelle-Aquitaine – Diagnostic territorial – 2022

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L’inclusion : comment la financer ? L’État peut-il tout faire ? /linclusion-comment-la-financer-letat-peut-il-tout-faire/ /linclusion-comment-la-financer-letat-peut-il-tout-faire/#respond Mon, 01 Sep 2025 04:41:19 +0000 /?p=8474 L’innovation technologique ouvre chaque jour de nouvelles perspectives pour renforcer l’inclusion et l’autonomie des personnes en situation de handicap. Mais derrière chaque prothèse imprimée en 3D, ou application de transcription vocale, ou robot d’assistance se cache un défi central : comment financer durablement l’inclusion ? L’inclusion des personnes handicapées : un nouveau modèle économico-financier à…

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L’innovation technologique ouvre chaque jour de nouvelles perspectives pour renforcer l’inclusion et l’autonomie des personnes en situation de handicap. Mais derrière chaque prothèse imprimée en 3D, ou application de transcription vocale, ou robot d’assistance se cache un défi central : comment financer durablement l’inclusion ?

L’inclusion des personnes handicapées : un nouveau modèle économico-financier à consolider

L’inclusion ne peut plus se définir en « tranches » administratives (emploi, logement, santé, numérique). Elle suppose des ressources financières flexibles, capables de soutenir à la fois l’innovation et l’équité dans des domaines variés. Aujourd’hui, un écosystème inédit se met en place, où fonds publics, capitaux privés, philanthropie et investissements à impact s’entrecroisent. Ce modèle hybride, encore jeune, pourrait nous aider à bâtir une société réellement inclusive.

Un modèle mixte, déjà en marche

En France, le Fonds d’inclusion dans l’emploi (FIE), lancé en 2024, illustre cette volonté d’action publique ciblée. À l’échelle européenne, le European Disability Fund canalise des financements transfrontaliers pour l’accessibilité. Mais les budgets publics, seuls, ne suffisent pas à absorber les coûts croissants des innovations les plus pointues.

L'UPPA (Pau), une des six universités inclusives démonstratives

L’UPPA (Pau), une des six « universités inclusives démonstratrices » depuis 2024

C’est là que les partenariats public-privé prennent le relais. Entreprises et collectivités cofinancent des projets ambitieux : des stations de métro accessibles (Ligne 14 à Paris), des universités sans barrières (“Universités inclusives démonstratrices” qui a retenu l’UPPA – Pau en 2024), logements intelligents. Les entreprises apportent non seulement de l’argent, mais aussi une expertise technique précieuse.

Parallèlement, le « financement participatif » et la philanthropie progressent. Sur des plateformes comme GoFundMe, des campagnes financent des lunettes connectées pour malvoyants ou des logiciels d’assistance. Les fondations d’entreprise, Google.org et Proton.me par ex., soutiennent des projets expérimentaux. Les deux entreprises financent des bourses pour des entrepreneurs en inclusion. Elles ont des fonds dédiés à l’incubation de start-ups qui conçoivent des solutions inclusives (logiciels d’accessibilité, aides techniques, objets connectés adaptés). Les sommes restent modestes, mais elles créent un lien direct entre donateurs et bénéficiaires et permettent à de petites innovations de voir le jour.

Enfin, l’investissement à impact (impact investing en anglais) complète ce paysage. Avec les social bonds et les fonds dédiés, des investisseurs acceptent des rendements modérés à condition d’observer des résultats mesurables : taux d’emploi de personnes handicapées, bâtiments rendus accessibles, satisfaction des bénéficiaires. Cette logique reste minoritaire mais pourrait libérer des capitaux considérables si les gouvernements garantissent transparence et traçabilité.

Une taxe « solidarité handicap » pour pérenniser les ressources

Certaines pistes émergent pour sécuriser ces financements. L’idée : créer des taxes ciblées, modestes mais massives par leur assiette. En Allemagne, une taxe sur les biens de luxe pourrait alimenter un programme d’accessibilité numérique. Aux Pays-Bas, une contribution sur les transactions de cryptomonnaies financerait la recherche en technologies d’assistance. En France, un débat est en cours sur une micro-taxe sur les factures d’énergie des grandes entreprises, destinée à un fonds d’innovation inclusive. Mais ce ne sont que des idées en gestation qui soulèvent de grands débats politiques !  L’avantage serait double : même si les montants sont faibles pour chaque contribuable, ils s’appliqueraient sur de grands volumes.

Valoriser économiquement l’inclusion

Rapport OCDE - Handicap, travail et inclusionINTÉGRATION DANS TOUTES LES POLITIQUES ET PRATIQUES

Rapport OCDE – Handicap, travail et inclusion Intégration dans toutes les politiques et pratiques

Derrière les chiffres, une idée gagne du terrain : l’inclusion n’est pas une dépense, mais un investissement. Selon l’OCDE, chaque euro investi rapporte entre deux et trois euros en gains de productivité, en réduction des dépenses sociales et en économies de santé. En France, l’INSEE estimerait que l’emploi de 500 000 travailleurs handicapés supplémentaires ajouterait 2,5 % au PIB et économiserait plus d’un milliard d’euros en allocations. Ces projections transforment l’inclusion en argument économique, convaincant pour les décideurs comme pour les investisseurs.

Suivi, transparence et données ouvertes

Pour que ces efforts portent leurs fruits, ils doivent être mesurés. En France, l’Association Française des Managers de la Diversité  (AFMD) a créé l’Observatoire de l’Inclusion et recense les indicateurs susceptibles de répondre au concept d’inclusion. Elle a publié un premier guide  pour accompagner les employeurs dans la prévention des discriminations et l’amélioration des politiques diversité et inclusion. Il agrège déjà des données sur l’emploi, l’accessibilité et les financements mobilisés. Ces indicateurs (taux d’insertion, délais d’accès aux aides, satisfaction des bénéficiaires) sont rendus publics.

Cette transparence favorise la confiance, mais aussi l’innovation. Les start-ups peuvent repérer les zones insuffisamment financées et proposer des solutions adaptées. Les citoyens, de leur côté, disposent d’outils pour vérifier que chaque euro investi produit un impact réel.

Vers un avenir plus inclusif

Le futur de l’inclusion financière repose sur la synergie entre partenaires. États, entreprises, investisseurs et citoyens doivent unir leurs forces. Les taxes de solidarité, les obligations à impact et l’ouverture des données forment déjà un socle prometteur. Mais pour durer, cette architecture doit s’appuyer sur des règles claires, un accès simplifié aux financements et une transparence totale. Le chemin est encore long !

Au-delà des montants mobilisés, l’enjeu est culturel : considérer chaque euro investi comme créateur de valeur économique et humaine. Si gouvernements, entreprises et citoyens parviennent à aligner leurs intérêts, le handicap cessera d’être un obstacle et deviendra une dimension naturelle de la diversité humaine.

L’inclusion, dans ce scénario, n’est plus une promesse : elle devient une réalité tangible.

 

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RSO et Réinsertion Professionnelle, s’engager en 2025 /rso-et-reinsertion-professionnelle-sengager-en-2025/ /rso-et-reinsertion-professionnelle-sengager-en-2025/#respond Mon, 25 Aug 2025 06:47:59 +0000 /?p=8408 En 2025, la responsabilité sociétale des organisations (RSO) s’impose comme une dynamique incontournable pour les établissements médico-sociaux et les structures d’insertion professionnelle. Qu’on parle d’EHPAD, de foyers pour personnes handicapées, de centres de réinsertion, la RSO ne relève plus seulement du discours. Elle s’incarne au quotidien dans des pratiques qui transforment la vie des usagers…

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En 2025, la responsabilité sociétale des organisations (RSO) s’impose comme une dynamique incontournable pour les établissements médico-sociaux et les structures d’insertion professionnelle.

Qu’on parle d’EHPAD, de foyers pour personnes handicapées, de centres de réinsertion, la RSO ne relève plus seulement du discours. Elle s’incarne au quotidien dans des pratiques qui transforment la vie des usagers et des professionnels.

Priorité : avec la RSO, placer l’humain au centre

Accompagnement des équipes

Accompagnement des équipes et espaces de parole

La première préoccupation des établissements engagés dans la RSO, c’est d’améliorer la qualité de vie au travail.

En 2025, la prévention du stress et l’accompagnement des équipes sont au cœur des dispositifs. Les organisations investissent dans la formation professionnelle, encouragent la prise d’initiative et créent des espaces de parole pour faire remonter les difficultés ou les idées. Ce climat de confiance profite à la fois au personnel et aux bénéficiaires.

Derrière la qualité de vie au travail, il y a aussi le respect des droits humains. Cela inclut la lutte contre toute forme de discrimination, la valorisation des différences, l’attention particulière à l’autonomie des personnes accueillies.

On assiste à une transformation positive de l’ambiance générale dans les services et à une plus grande fidélisation des professionnels.

Les personnes accompagnées elles-mêmes témoignent d’un meilleur accompagnement et d’un regard plus respectueux sur leurs besoins et leur parcours.

Gouvernance responsable : avec la RSO, plus de transparence et d’ouverture

Dialogue et transparence

Dialogue et transparence pour une gouvernance responsable

Fini le temps des décisions prises en petit comité. La gouvernance responsable, c’est l’ouverture. Chaque établissement crée des comités incluant personnes accompagnées, familles, salariés et partenaires extérieurs. Les choix stratégiques sont discutés, les projets sont co-construits, ce qui favorise la confiance et renforce le sentiment d’appartenance.

Le dialogue et la transparence permettent aussi de mieux gérer les situations de crise, d’anticiper les besoins et d’adapter l’offre de services à l’évolution du territoire et de la société. Il s’agira, par exemple, d’adapter les horaires ou les activités selon les retours des personnes accueillies, ou encore d’innover dans les méthodes de soin ou les ateliers proposés.

L’écologie, nouveau défi du médico-social

Transition énergétique et énergies renouvelables

Transition énergétique et énergies renouvelables

La transition écologique est désormais une exigence. En 2025, un établissement médico-social doit maîtriser sa consommation d’énergie, réduire sa production de déchets, intégrer des produits locaux et bio dans ses menus — tout en respectant son budget. Des initiatives de tri-sélectif ou de compostage voient le jour. Les bâtiments sont rénovés pour offrir une meilleure performance énergétique .

Au-delà des économies attendues (une baisse de 15 à 25 % des factures énergétiques), cette vigilance écologique change la culture d’établissement. Les équipes et les bénéficiaires se mobilisent autour d’un projet commun, qui valorise les gestes du quotidien autant que les gros travaux.

 

 

L’ouverture sur le territoire : innovation sociale et collaborations

Insertion et chantiers participatifs

Insertion dans les territoires et chantiers participatifs

Les organisations médico-sociales ne vivent plus repliées sur elles-mêmes. La démarche RSO encourage à travailler avec des partenaires locaux, à s’impliquer dans la vie associative, à relancer le circuit court. On valorise les projets qui favorisent l’inclusion, comme l’accueil de stagiaires issus de la réinsertion ou la participation à des chantiers participatifs. Résultat : une image positive, et surtout un vrai impact sur le tissu social du territoire.

 

 

 

 

 

 

 

 

Réinsertion professionnelle : une RSO plus inclusive

La réforme du RSA (revenu de solidarité active), en vigueur depuis janvier 2025, a renforcé l’approche personnalisée dans la réinsertion. Les structures d’accompagnement construisent un parcours adapté à chaque bénéficiaire, avec un référent dédié et un contrat d’engagement individualisé. L’objectif : lever les obstacles à l’emploi (mobilité, formation, garde d’enfant…) et suivre de près la progression de chaque personne.

Les premiers chiffres sont encourageants. Plus de la moitié des allocataires retrouvent une activité, dont une partie accède à un emploi durable. Mais les freins persistent, notamment dans les zones rurales : manque de ressources, mobilité difficile, réseaux professionnels peu étendus. Les établissements doivent adapter leurs dispositifs et la démarche RSO aux réalités locales, en misant sur la solidarité et l’innovation.

Comment mettre en place la RSO ? Méthode pas à pas

RSO - processus

RSO – Une mise en oeuvre en 5 étapes

  1. Faire un état des lieux : chaque organisation commence par un diagnostic complet des pratiques (audit interne, questionnaires, cartographie des parties prenantes).
  2. Mobiliser autour du projet : il s’agit d’engager les équipes, les usagers, les familles à travers des ateliers ou la désignation d’ambassadeurs.
  3. Définir une stratégie claire : choix des axes prioritaires (ex : écologie, QVT, inclusion), objectifs concrets et mesurables.
  4. Agir vite et bien : privilégier des actions concrètes, visibles et participatives. Cela peut passer par le tri des déchets, l’organisation de journées bien-être ou l’accueil de bénévoles d’associations locales.
  5. Évaluer et améliorer : suivi régulier des indicateurs sociaux, environnementaux et économiques. Corrections et ajustements en fonction des retours et des résultats.

 Des bénéfices concrets et mesurables de la RSO

Les consultants spécialisés en RSO observent que les établissements engagés voient baisser l’absentéisme, la rotation du personnel et les coûts liés aux accidents du travail. L’empreinte carbone se réduit, les déchets médicaux sont mieux gérés, et les économies peuvent atteindre plusieurs dizaines de milliers d’euros par an sur le gaspillage alimentaire dans les grandes structures.

Surtout, chacun se sent davantage impliqué dans la vie de l’établissement. Les usagers trouvent leur place dans les projets, les équipes gagnent en motivation. L’image extérieure s’améliore et l’attractivité pour le recrutement s’en ressent.

Vers une RSO plus ambitieuse : cadre réglementaire et certifications

À partir de 2025, les établissements médico-sociaux hébergeant du public sont fortement incités à structurer leur démarche de responsabilité sociétale selon le cadre de la norme ISO 26000 avec suivi des impacts sociaux et environnementaux et obligation de rendre compte des actions menées pour l’amélioration continue.

Les organismes trouvent aussi un intérêt à viser des labels qui valorisent l’engagement et structurent la démarche.

Conclusion : la responsabilité sociétale, un projet commun

Pour les établissements médico-sociaux et de réinsertion, la RSO est plus qu’une obligation : c’est l’occasion concrète d’inventer de nouvelles façons d’accompagner, de former, de travailler ensemble. Ce levier d’innovation renforce la solidarité, la qualité de vie, l’utilité sociale, et favorise l’ouverture sur le territoire et l’avenir.

En 2025, les organisations qui s’engagent dans une démarche authentique de responsabilité sociétale sont mieux armées pour faire face aux défis : elles intègrent l’écologie, l’éthique, l’inclusion et l’amélioration continue, au bénéfice de tous — usagers, équipes, familles, partenaires.

Références

[1] RSE pour les établissements médico-sociaux – Anytime
[2] RSE dans le médico-social : étapes clés et bonnes pratiques pour réussir
[3] Transition énergétique et écologique : quelles obligations pour les pour les établissements sanitaires et médico-sociaux ?
[4] Mettre en place une démarche RSO dans un établissement médico-social
[5] « RSA 2025 : Une Nouvelle Ère pour l’Insertion Professionnelle et la Solidarité Sociale
[6] Réforme du RSA : une opportunité pour l’inclusion et le retour à l’emploi 
[7] L’accompagnement rénové des allocataires du RSA 

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Handicap : les news de juin 2025 /handicap-les-news-de-juin-2025/ /handicap-les-news-de-juin-2025/#respond Mon, 07 Jul 2025 06:34:07 +0000 /?p=8369     Voici les informations majeures de juin 2025 concernant le handicap. Nous avons mis un accent particulier sur la France sans oublier les enjeux globaux dans le Monde. Global Disability Summit avril 2025 : le Rapport mondial sur l’inclusion du handicap Le Global Disability Summit s’est tenu à Berlin en avril 2025. Le Rapport…

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Voici les informations majeures de juin 2025 concernant le handicap. Nous avons mis un accent particulier sur la France sans oublier les enjeux globaux dans le Monde.

Global Disability Summit avril 2025 : le Rapport mondial sur l’inclusion du handicap

Le Global Disability Summit s’est tenu à Berlin en avril 2025. Le Rapport mondial sur l’inclusion du handicap y a été présenté et discuté. Il préconise une approche multi-sectorielle qui impliquer gouvernements, secteur privé, société civile et personnes handicapées elles-mêmes. L’objectif : accélérer l’inclusion et supprimer les barrières.

Depuis 10 ans, des efforts structurels pour mettre en œuvre la CDPH mais il reste beaucoup à faire

Au cours de la dernière décennie, la mise en oeuvre de  la Convention relative aux droits des personnes handicapées (CDPH) s’est poursuivie. Rappelons qu’elle a été approuvée en 2008. On note des efforts structurels majeurs mais  des défis juridiques subsistent.

  • De nombreux pays ont adopté ou révisé des lois sur le handicap, mais l’alignement avec la CDPH demeure inégal. Certains droits, comme l’accessibilité, la santé et l’emploi, sont aujourd’hui mieux pris en compte, tandis que d’autres, tels que la capacité juridique des personnes handicapées, restent négligés.
  • La création de structures nationales de coordination et de suivi a favorisé une approche intersectorielle. Toutefois, les ressources manquent. De plus, la participation des organisations de personnes handicapées est très variable selon les pays.
  • La collecte de données sur le handicap a progressé grâce aux recensements et enquêtes. Cependant, peu de pays collectent des données sur les obstacles à l’inclusion ou les besoins de soutien, un des points forts de la CDPH.
  • Le suivi du financement dédié à l’inclusion des personnes handicapées manque de données et de rapports.
  • Malgré une augmentation des dépenses publiques, les ressources restent souvent insuffisantes et concentrées dans quelques secteurs (protection sociale, éducation, santé).

Demain et dans un monde en mutation,  des défis et des opportunités pour le handicap

Rapport mondial sur l’inclusion du handicap, Accélérer l’inclusion des personnes handicapées dans un monde divers et en mutation (juin 2025)

Rapport mondial sur l’inclusion du handicap
Accélérer l’inclusion des personnes handicapées dans
un monde divers et en mutation (juin 2025)

De nombreux pays rencontrent des difficultés pour garantir pleinement les droits des personnes handicapées. Comme on vient de le voir, les défis incluent des ressources limitées, un engagement politique inconstant. La coordination est insuffisante, dans les contextes  sociaux et/ou humanitaires fragiles.  Mais il faut aussi prendre en considération  d’autres facteurs plus généraux :

  • Le changement climatique, les crises humanitaires et l’urbanisation accentuent la vulnérabilité des personnes en situation de handicap, tandis que la technologie et l’économie numérique offrent de nouvelles solutions, mais creusent aussi la fracture numérique.
  • Les migrations exposent les personnes handicapées à des risques accrus et à des obstacles d’intégration.
  • L’évolution de l’économie des soins met en lumière l’importance de systèmes inclusifs et équitables. La participation active des personnes handicapées à l’élaboration des politiques est essentielle pour garantir leur inclusion et leur autonomie.
  • L’approche fragmentée de l’inclusion freine un impact systémique durable.

Comment accélérer l’inclusion des personnes handicapées ?

Pour accélérer l’inclusion, il est crucial de l’intégrer dès le départ dans la conception et la mise en œuvre des systèmes nationaux (éducation, santé, emploi, protection sociale). Le rapport recommande des mesures concrètes : adoption de lois garantissant un accès équitable, amélioration de la collecte de données, formation des acteurs-clés et implication active des personnes handicapées et de leurs organisations.

La coordination intersectorielle est essentielle. Par exemple une éducation inclusive de qualité dépend aussi bien des politiques éducatives que des services de santé, des technologies d’assistance, des transports accessibles et de la lutte contre la stigmatisation.

 

Les actions prioritaires proposées sont déjà connues mais il faut les rappeler !

  • mise en place de normes d’accessibilité,
  • lutte contre la discrimination,
  • développement de systèmes de soutien favorisant l’autonomie,
  • accès aux technologies d’assistance,
  • renforcement de la participation politique des personnes handicapées.

Ces pistes, si elles sont coordonnées et soutenues, transformeront l’inclusion à grande échelle.

Actualités en France en juin 2025

Le Comité Interministériel du Handicap (CIH) du 6 mars 2025 a fixé des objectifs forts pour une société accessible universelle, avec notamment la simplification des démarches administratives, la généralisation de l’intelligence artificielle pour accélérer le traitement des dossiers, et la lutte renforcée contre les discriminations à l’emploi et à l’école.

Les 5 et 6 juin 2025,  la Direction Générale de la Cohésion Sociale (DGCS) a organisé un colloque consacré aux 50 ans d’action publique sur le handicap en France  , retraçant les évolutions depuis la Loi n° 75-534 du 30 juin 1975 d’orientation en faveur des personnes handicapées

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Colloque : 50 ans d’action publique sur le handicap en France5 et 6 juin 2025 - © Ministères sociaux / DICOM / Nicolo Revelli Beaumont / Sipa Press

Colloque : 50 ans d’action publique sur le handicap en France 5 et 6 juin 2025 – © Ministères sociaux / DICOM / Nicolo Revelli Beaumont / Sipa Press

L’European Accessibility Act (EAA) entre en vigueur en cette fin juin 2025, imposant l’accessibilité numérique obligatoire dans l’Union européenne. Cela impactera les services et équipements numériques à destination des personnes handicapées (voir notre dernier article sur l’EAA).

Dès juin 2025, les livres numériques nouvellement publiés seront nativement accessibles, renforçant l’inclusion dans la culture et l’éducation. A vos tablettes pour le vérifier !

Réformes et projets législatifs en cours en juin 2025

Une nouvelle loi sur le handicap est en préparation en France pour fin 2025. Une large consultation citoyenne menée en début d’année a visé à mieux répondre aux besoins des personnes handicapées.

La réforme SERAFIN-PH reste prévue pour 2025. Elle vise à modifier la tarification des établissements médico-sociaux pour mieux adapter les financements aux besoins individuels des personnes en situation de handicap.

Juin 2025, en résumé

Juin 2025 marque une période importante. On a noté des avancées réglementaires et législatives majeures, une mobilisation internationale pour une inclusion renforcée. De plus, des événements-clés en France ont célébré la progression des droits des personnes handicapées (Voir notre article sur le Rapport IGAS).

Quelques lectures supplémentaires

[PDF] Rapport mondial sur l’inclusion du handicap – Global Disability Summit 
The Global Disability Summit 2025
1975-2005-2025 : 50 ans d’action publique sur le handicap …
Les sujets d’actualité du handicap en 2025 – Handinova
Agenda 2025 | Infos handicaps
Calendrier Handicap 2025 : toutes les dates clés
Qu’attendre du projet de loi handicap prévu pour fin 2025 – Handinova
Handicap – Actualités, vidéos et infos en direct – Le Monde 
EAA : l’accessibilité numérique, une obligation en 2025 – Handicap.fr 

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Accessibilité numérique : nouvelles règles, ESRP en 1ère ligne /accessibilite-numerique-nouvelles-regles-esrp-en-1ere-ligne/ /accessibilite-numerique-nouvelles-regles-esrp-en-1ere-ligne/#respond Mon, 30 Jun 2025 07:01:22 +0000 /?p=8320 Le 28 juin 2025 marque un tournant pour l’accessibilité dans l’Union européenne. À cette date, la directive européenne 2019/882, plus connue sous le nom d’Acte européen sur l’accessibilité (EAA), entre pleinement en vigueur dans tous les États membres. Une ambition claire : construire une société inclusive L’objectif de ce texte : harmoniser les exigences d’accessibilité…

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Le 28 juin 2025 marque un tournant pour l’accessibilité dans l’Union européenne. À cette date, la directive européenne 2019/882, plus connue sous le nom d’Acte européen sur l’accessibilité (EAA), entre pleinement en vigueur dans tous les États membres.

Une ambition claire : construire une société inclusive

L’objectif de ce texte : harmoniser les exigences d’accessibilité de certains produits et services numériques pour garantir à toutes les personnes en situation de handicap un accès égal, et permettre une meilleure circulation de ces produits dans le marché intérieur européen.

L’Acte européen sur l’accessibilité s’inscrit dans la continuité de la Convention des Nations unies relative aux droits des personnes handicapées. Son ambition va au-delà de la simple accessibilité technique : il s’agit d’un levier pour rendre la société plus inclusive, en facilitant l’accès aux produits et services pour les personnes handicapées, les personnes âgées ou celles avec des limitations fonctionnelles.

Mais la directive a aussi un versant économique : elle vise à supprimer les différences de réglementation entre les États membres, qui freinent encore la concurrence, notamment pour les petites et moyennes entreprises (PME).

L’accessibilité numérique, c’est quoi ?

L’accessibilité numérique vise à rendre les contenus et services en ligne compréhensibles et utilisables par tous, y compris les personnes en situation de handicap – qu’il soit visuel, auditif, moteur ou cognitif.

Cette démarche repose sur des règles et normes techniques, comme le RGAA en France, afin d’assurer une navigation sans obstacle : lecture par synthèse vocale, personnalisation visuelle ou encore utilisation au clavier.

Inscrite dans la loi depuis 2005, cette exigence légale repose sur quatre principes clés : perceptibilité, utilisabilité, compréhensibilité et robustesse. Au-delà d’une simple conformité, elle garantit un accès équitable aux droits, à l’information et aux services numériques.

L’accessibilité concerne une vaste gamme de produits et services

L’EAA impose des exigences à une large palette de produits et services utilisés au quotidien.

Produits visés :

  • PC adapté pour personne mal voyant

    Ordinateur portable adapté pour personne mal voyante

    Ordinateurs, tablettes, smartphones, logiciels, systèmes d’exploitation, navigateurs web ;

  • Terminaux de paiement, distributeurs de billets, bornes d’information ;
  • Téléviseurs, décodeurs, liseuses ;
  • Box internet, modems, routeurs.

Services concernés :

Borne numérique à écran tactile de 32" Circinus pour PMR

Borne numérique à écran tactile de 32″ Circinus  pour services publics

  • Commerce électronique ;
  • Services de téléphonie et de communication ;
  • Audiovisuel (TV, streaming) ;
  • Transports (billetterie, infos voyageurs) ;
  • Services bancaires en ligne.

Tous ces éléments devront désormais être accessibles sans assistance extérieure, pour garantir une autonomie maximale des usagers.

 

 

L’accessibilité numérique : obligations techniques et réglementaires

Accessibilite-Universelle

Accessibilite-Universelle

La directive pose des exigences fonctionnelles, traduites en objectifs à atteindre et les entreprises devront intégrer ces critères dès la conception de leurs produits ou services.

  • Interfaces numériques lisibles avec navigation clavier, options vocales ou visuelles ;
  • Contrastes suffisants, alternatives textuelles aux images, sous-titrages vidéo ;
  • Compatibilité avec les technologies d’assistance comme les lecteurs d’écran.

Sur le plan réglementaire, chaque pays de l’UE est tenu d’intégrer l’EAA dans sa législation. En cas de non-respect, des sanctions seront applicables.

L’EAA prévoit des exemptions pour les très petites entreprises (moins de 10 salariés, chiffre d’affaires < 2 M€), ainsi que des dérogations si la mise en accessibilité est techniquement impossible ou financièrement disproportionnée.

Mais la logique reste contraignante et ces exceptions ne doivent pas servir à échapper à l’obligation d’inclusion. Et à la fois par leur taille et par leur mission, les ESRP n’entrent pas dans le cadre des dérogations.

Avec l’accessibilité, les ESRP face à un défi majeur

Parmi les structures particulièrement impactées par cette nouvelle directive figurent les Établissements et Services de Réinsertion Professionnelle (ESRP).  Acteurs clés de l’inclusion professionnelle des personnes handicapées,  ils verront, après la parution du Rapport IGAS, leurs rôles et leur organisation profondément modifiés d’ici 2030. Et en plus ils devront adapter leur fonctionnement pour se conformer à l’EAA.

Des changements structurels pour les ESRP

Accessibilité sur le site internet de l'ESRP CRIC Pyrénées © CRIC

Accessibilité sur le site internet de l’ESRP CRIC Pyrénées © CRIC

Les ESRP devront agir sur plusieurs fronts :

  • Accessibilité des infrastructures : Au delà de la seule accessibilité numérique, les ESRP doivent rendre leurs locaux accessibles : rampes, ascenseurs, signalétique tactile, sanitaires adaptés… Chaque espace d’accueil, de formation ou de travail devra pouvoir être utilisé par tous.
  • Services numériques conformes : Les outils numériques utilisés pour l’accompagnement, l’administration ou la formation devront être totalement accessibles (navigation au clavier, lecteurs d’écran, contrastes, sous-titres…).
  • Équipements numériques accessibles : Ordinateurs, bornes, tablettes, téléphones doivent être adaptés aux handicaps visuels, moteurs ou cognitifs. Il s’agira parfois de mettre à jour ou remplacer du matériel.
  • Formation du personnel à l’accessibilité : La directive implique une montée en compétences importante du personnel. L’accessibilité ne se limite pas à la technique : elle implique aussi une pédagogie inclusive, une communication adaptée et une culture de l’inclusion.

Des contraintes importantes

La mise en conformité pose plusieurs défis :

  • Coûts financiers : achat de matériel, travaux d’aménagement, prestations de formation, etc. Pour des structures souvent financées par fonds publics, cela peut peser lourdement.
  • Charge administrative accrue : suivi des normes, déclaration de conformité, gestion des réclamations, veille réglementaire, désignation d’un référent accessibilité…
  • Organisation complexe : planification, coordination, recrutement ou formation d’experts. La diversité des profils accueillis rend l’accessibilité particulièrement exigeante.

Les enjeux de la formation : un point de tension

L’un des freins majeurs à l’application rapide des normes est lié à la formation du personnel. Plusieurs obstacles sont identifiés : manque de temps pour suivre les formations, motivation limitée, formations mal adaptées aux réalités du terrain, absence de suivi post-formation, difficultés logistiques et organisationnelles.

Il est donc crucial que la formation à l’accessibilité soit dans la stratégie globale des ESRP.

L’enjeu des technologies d’assistance : une course contre la montre

En outre, l’évolution rapide des technologies d’assistance (IA vocale, interfaces adaptatives, etc.) rend difficile l’élaboration de normes stables. Le risque ? Des normes obsolètes avant même leur entrée en vigueur, ou trop rigides pour s’adapter à l’innovation.

L’Acte européen sur l’accessibilité (EAA) doit donc rester flexible et évolutive, tout en garantissant un socle commun solide. Cela nécessite une coordination internationale, des tests utilisateurs réguliers et une implication des personnes concernées dès la conception des produits.

L’accessibilité numérique, une avancée sociale et économique majeure

Si les contraintes sont nombreuses, l’EAA représente aussi une opportunité majeure. Pour les personnes handicapées, elle promet plus d’autonomie et d’inclusion. Elle ouvre un marché européen unifié de produits accessibles. Pour la société dans son ensemble, elle constitue une réduction des inégalités numériques et sociales.

La directive européenne sur l’accessibilité marque un changement de paradigme : l’accessibilité n’est plus une option, c’est une obligation. Pour les ESRP, cette évolution impose des transformations profondes mais nécessaires. En assurant un accès équitable aux services de réinsertion, ils contribueront à une société plus juste, plus inclusive et tournée vers l’avenir.

Quelques références

Directive (UE) 2019/882 du Parlement européen et du Conseil du 17 avril 2019 relative aux exigences en matière d’accessibilité applicables aux produits et services
Référentiel général d’amélioration de l’accessibilité – RGAA – Version 4.1.2

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Rapport IGAS – Le handicap, une révolution en marche /rapport-igas-le-handicap-une-revolution-en-marche/ /rapport-igas-le-handicap-une-revolution-en-marche/#respond Mon, 23 Jun 2025 04:36:49 +0000 /?p=8275 L’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) vient de publier en janvier 2025, un rapport intitulé « Handicap : comment transformer l’offre sociale et médico-sociale pour mieux répondre aux attentes des personnes ? ».   Transformation ou Révolution ?  Quel que soit le terme choisi, comprenons ce qui se passe et préparons-nous au changement, chacun avec nos responsabilités !   Le…

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L’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) vient de publier en janvier 2025, un rapport intitulé « Handicap : comment transformer l’offre sociale et médico-sociale pour mieux répondre aux attentes des personnes ? ».  

Transformation ou Révolution ?  Quel que soit le terme choisi, comprenons ce qui se passe et préparons-nous au changement, chacun avec nos responsabilités !  

Le rapport IGAS : une étape de plus dans un chemin déjà bien balisé 

Handicap

© unsplash

Le rapport de l’IGAS n’est pas une nouveauté . Il est dans la droite ligne de ce que nous avons observé et/ou vécu ces dernières années dans les ESSMS.  

En effet, la Conférence nationale du handicap du 26 avril 2023 a déjà fixé comme objectif d’ici 2030, le passage « d’une logique de place à une logique d’offre de services coordonnés ». Le but est de mieux répondre aux besoins et attentes des personnes concernées.  

Toutefois, la mise en œuvre des préconisations de l’IGAS va bouleverser en profondeur les missions et les activités des ESRP et ESPO. Et bien sûr, elles concernent celles de CRIC Association. Nous devons donc nous y préparer avec confiance et détermination. 

Selon l’IGAS, une offre trop segmentée et des freins aux changements 

Handicap, accompagnement© unsplash

Handicap et accompagnement © unsplash

Le premier constat du rapport de l’IGAS est que l’offre sociale et médico-sociale actuelle est encore trop segmentée, avec trop de types d’établissements différents. Cette diversité ne permet pas une vraie modularité et la personnalisation des parcours. Par exemple, il est difficile aujourd’hui pour une personne en situation de handicap de passer d’un établissement à un autre pour suivre le parcours qu’elle souhaite. 

La transformation proposée par l’IGAS vise à leur permettre de « vivre dans la société, avec la même liberté de choix que les autres personnes » conformément à la Convention internationale relative aux droits des personnes handicapées. 

Les enquêtes de l’IGAS ont montré plusieurs freins à cette transformation. Le premier est dû à la difficulté des équipes des ESSMS à modifier leurs pratiques. Elles adhèrent intellectuellement à cette transformation mais, malgré des réflexions et des expérimentations depuis 2018, la transformation n’est pas en place.

Les cinq axes de la transformation selon l’IGAS

Axe 1. Suppression des catégories institutionnelles multiples au profit d’une catégorie transversale unique 

L’un des axes majeurs consiste à supprimer les nombreuses catégories d’ESSMS dédiées aux personnes en situation de handicap, pour créer une catégorie transversale unique. Cette catégorie permettra de définir l’offre non plus par type d’établissement, mais par les services proposés.  

De plus, l’élargissement de la nomenclature actuelle des activités permettra de prendre en compte les nouveaux dispositifs (comme les équipes mobiles). Cette approche facilitera la personnalisation des parcours et la coordination des interventions.  

Cela se traduira probablement par une perte d’autonomie des établissements.  

Axe 2. Renforcement de la complémentarité territoriale et responsabilité des structures 

L’objectif est de renforcer la complémentarité entre les structures sociales et médico-sociales sur un territoire donné. Des partenariats institutionnels et opérationnels entre les ESSMS, les autorités (ARS, conseils départementaux), les acteurs de droit commun (éducation, emploi, culture) et les associations devront être construits. Les méthodes seront harmonisées et les systèmes d’information actuels (MDPH, Viatrajectoire PH) seront profondément améliorés.

Cela vise à mieux coordonner l’offre locale, éviter les doublons, garantir une couverture adaptée aux besoins des personnes sur le territoire et favoriser aussi la coopération entre acteurs, publics et privés.

Ceci sous-entend clairement le regroupement des établissements actuels. 

Axe 3. Adaptation des règles de financement et des outils numériques 

Les règles de financement doivent devenir un levier de transformation des établissements, d’adaptation à la modularité des parcours des personnes et à la diversité des services proposés. C’était déjà l’objectif de SERAFIN. D’ailleurs, l’IGAS propose de remplacer au plus tôt les dotations globales annuelles par un système de financement plus équitable (SERAFIN amélioré).

Par ailleurs, « l’écosystème numérique », c’est à dire les outils numériques qui permettent de travailler ensemble, sera modernisé pour accompagner la modularité, faciliter la coordination entre acteurs, et améliorer l’accès à l’information pour les personnes accompagnées.  

La réforme induit une évolution des pratiques professionnelles, avec une orientation plus marquée vers l’évaluation continue des besoins et l’adaptation des prestations.

 Cela demande de revoir l’organisation interne pour une plus grande flexibilité et de renforcer les processus internes.

Axe 4. Soutien aux acteurs dans la conduite de la transformation 

L’IGAS insiste sur l’importance d’accompagner les acteurs des ESSMS dans la construction et la mise en œuvre de leurs projets de transformation.  

Cela passe par la mise à disposition d’outils, de formations, d’appuis méthodologiques, ainsi que par un pilotage territorial renforcé. Par qui ? 

Cette harmonisation peut entrainer des modifications de pratiques.

Axe 5. Renforcement des droits des personnes 

Le rapport de l’IGAS met un accent particulier sur le renforcement des droits des personnes en situation de handicap.  

  1. L’accès à une information claire et complète sur les offres de services disponibles. 
  2. L’aide à l’autodétermination, pour que chaque personne puisse faire des choix éclairés concernant son accompagnement. 
  3. Le droit d’absence et de retour en établissement, pour plus de souplesse dans les parcours. 
  4. L’adaptation des prestations individuelles aux parcours modulaires, afin de garantir la continuité et la cohérence des accompagnements. 

Ces quatre points sont moins une conclusion qu’un a priori qui justifie la transformation du secteur. 

N’étaient-ils pas contenus de fait dans La loi du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes en situation de handicap ?  

Le Plan d’action 2025-2030 de l’IGAS

L’IGAS a élaboré un plan d’action pour la période 2025-2030, accompagné de fiches d’impact détaillées, afin d’accompagner cette transformation sur l’ensemble du territoire. 

Ce plan vise à structurer les efforts autour des axes identifiés, en mobilisant les ressources financières, humaines et techniques nécessaires. Il insiste sur la nécessité d’un pilotage national et territorial coordonné, ainsi que sur la mobilisation de l’ensemble des parties prenantes, y compris les personnes en situation de handicap elles-mêmes. 

Des décisions majeures seront prises dès 2025.

Plan d'action 2025 - 2030 de l'IGAS - des objectifs majeurs pour les années 2025 et 2026

Plan d’action 2025 – 2030 de l’IGAS – des objectifs majeurs pour les années 2025 et 2026 (encadrés rouges) © IGAS & CRIC

En conclusion 

Le rapport 2025 de l’IGAS propose une transformation profonde et systémique de l’offre sociale et médico-sociale pour les personnes en situation de handicap. Cette transformation est centrée sur le respect des droits, la modularité des parcours et l’autodétermination.  

En supprimant les catégories institutionnelles rigides, en renforçant la complémentarité territoriale, en adaptant les financements et les outils numériques, en soutenant les acteurs et en renforçant les droits des personnes, ce rapport trace une feuille de route ambitieuse pour répondre aux attentes des personnes d’ici 2030.  

Cette transformation nécessite bien sûr, un engagement fort des pouvoirs publics. Mais ce sont aussi et surtout les acteurs sur le terrain qui réussiront ou non cette transformation. 

CRIC Association, par les travaux effectués depuis quelques années, a des atouts. Modularité engagée, mise en place de processus et de certifications, modernisation des outils informatiques… Toutefois, le rapport IGAS montre qu’il faut à la fois accélérer, approfondir certains sujets. Et élargir (s’ouvrir vers l’extérieur par exemple). 

De la lecture pour aller plus loin

Rapport Igas – Handicap. Comment transformer l’offre sociale et médico-sociale pour mieux répondre aux attentes des personnes ?.pdf (PDF – 3.08 Mo)  

Annexes Rapport Igas. Handicap : comment transformer l’offre sociale et médico-sociale pour mieux répondre aux attentes des personnes ?.pdf (PDF – 2.25 Mo) 

Handicap : comment transformer l’offre sociale et médico-sociale pour mieux répondre aux attentes des personnes ? 

Denis Piveteau : « La transformation de l’offre implique une mobilisation qui dépasse le médico-social«  

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Un milliard de personnes handicapées dans le monde /un-milliard-de-personnes-handicapees-dans-le-monde/ /un-milliard-de-personnes-handicapees-dans-le-monde/#respond Mon, 16 Jun 2025 16:31:13 +0000 /?p=8159 Le handicap, c’est les autres ? Non ! Être une personne handicapée fait partie de la condition humaine. Pratiquement tout le monde, à un moment ou l’autre de la vie, aura une déficience temporaire ou permanente. Ceux qui parviendront à un âge avancé connaîtront des difficultés fonctionnelles croissantes. Nous sommes donc tous concernés par le…

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Le handicap, c’est les autres ?

Non ! Être une personne handicapée fait partie de la condition humaine. Pratiquement tout le monde, à un moment ou l’autre de la vie, aura une déficience temporaire ou permanente. Ceux qui parviendront à un âge avancé connaîtront des difficultés fonctionnelles croissantes.

Nous sommes donc tous concernés par le handicap, directement dans notre chair, ou pour nos proches ou plus largement, dans le fonctionnement de la société humaine dans laquelle nous vivons.

Rappelons que les statuts de CRIC Association précisent que  :

« L’association a pour objet la mise en oeuvre de tous moyens susceptibles de permettre l’insertion, la réinsertion et la promotion des personnes handicapées ou inadaptées. »

Nous sommes donc tous, nous salariés, usagers et sociétaires de CRIC Association, concernés par la compréhension du handicap et notre mobilisation pour que nos actions réponde aux enjeux.

Mais, au fait, combien de personnes handicapées ?

Le Rapport mondial sur le handicap 2011 de l’OMS et de la Banque Mondiale  nous donne des éléments de réponse. Il dresse un état des lieux complet du handicap à l’échelle mondiale. C’est vrai que ce rapport a déjà 14 ans mais ses conclusions ont-elles vraiment vieilli ? Nous ne le pensons pas.

Le rapport utilise la Classification internationale du fonctionnement, du handicap et de la santé (CIF) comme cadre. Le handicap englobe les déficiences, les limitations d’activité et les restrictions de participation. Il résulte de l’interaction entre un problème de santé et des facteurs personnels et environnementaux. Par exemple, infirmité motrice cérébrale, syndrome de Down, dépression d’une part et attitudes négatives, inaccessibilité des infrastructures, manque de soutien social d’autre part.

Les chiffres de 2011 : plus d’un milliard de personnes handicapées

Le handicap dans le monde © Okeenea

Le handicap dans le monde © Okeenea

Le rapport estime que plus d’un milliard de personnes, soit environ 15 % de la population mondiale en 2010, vivent avec un handicap d’une forme ou d’une autre. Un chiffre nettement supérieur aux estimations antérieures d’environ 10 %.

Parmi elles, environ 110 millions (2,2 %) ont de très grandes difficultés fonctionnelles, et entre 190 millions (3,8 %) ont un handicap sévère, correspondant à des déficiences graves telles que la quadriplégie, la cécité ou la dépression sévère.

Le handicap touche environ 95 millions d’enfants de 0 à 14 ans, dont 13 millions avec un handicap sévère.

Cette augmentation de la prévalence s’explique par plusieurs facteurs : le vieillissement des populations, la propagation des maladies chroniques (diabète, maladies cardiovasculaires, cancer, troubles mentaux), ainsi que des améliorations méthodologiques dans la détection et la mesure du handicap.

Prévalence du handicap par tranches d’âge, estimée à partir des niveaux fonctionnelsmulti-domaines dans 59 pays et présentée par catégorie du revenu national et par sexe

Prévalence du handicap par tranche d’âge, estimée à partir des niveaux fonctionnels multi-domaines dans 59 pays et présentée par catégorie du revenu national et par sexe (Rapport OMS-BM 2011 sur le Handicap).

Le handicap est plus fréquent chez les populations pauvres, les femmes, les personnes âgées, les individus à faible revenu, sans emploi ou avec un faible niveau d’éducation. Les enfants issus de foyers démunis ou de minorités ethniques sont également plus exposés.

Les obstacles et inégalités rencontrés par les personnes handicapées

© Dicson Unsplash

© Dicson Unsplash

Le rapport souligne que le handicap ne se limite pas à la déficience médicale, mais est largement conditionné par des barrières environnementales et sociales qui restreignent la participation des personnes handicapées. Ces obstacles incluent :

  • Politiques et normes insuffisantes ou mal appliquées, notamment dans les domaines de l’éducation, de l’emploi et de l’accessibilité.
  • Discrimination, ostracisme et stigmatisation sociale.
  • Manque d’accès aux services de santé adaptés, à la réadaptation, aux aides techniques, aux transports, aux bâtiments publics et aux technologies de l’information.
  • Inégalités économiques, avec des taux de pauvreté plus élevés chez les personnes handicapées et leurs familles, ainsi que des conditions de vie précaires (insécurité alimentaire, logement inadéquat, accès limité à l’eau potable et à l’assainissement)

Sur le marché du travail, les personnes handicapées sont désavantagées : leur taux d’emploi est environ la moitié de celui des personnes non handicapées, avec un taux d’inactivité 2,5 fois plus élevé. Cette exclusion économique contribue à renforcer la pauvreté et la marginalisation.

Recommandations et mesures proposées

L'activiste am&ricaine Marca Bristo d'Access Living lors du défilé de la fierté des personnes handicapées à Chicago,

L’activiste américaine Marca Bristo d’Access Living lors du défilé de la fierté des personnes handicapées à Chicago

Le rapport ne se limite pas à un constat mais propose neuf recommandations universelles pour lever les obstacles, réduire les inégalités et créer des environnements favorables à l’inclusion des personnes handicapées :

  1. Permettre l’accès à tous les systèmes et services ordinaires (éducation, santé, emploi, transports).
  2. Investir dans des programmes et services spécifiques pour répondre aux besoins particuliers des personnes handicapées.
  3. Adopter une stratégie nationale et un plan d’action sur le handicap intégrés dans les politiques publiques.
  4. Impliquer les personnes handicapées dans la conception, la mise en œuvre et l’évaluation des politiques et programmes.
  5. Développer les ressources humaines spécialisées dans le handicap.
  6. Prévoir un financement suffisant pour améliorer l’accessibilité économique des services.
  7. Sensibiliser le grand public pour mieux comprendre le handicap et combattre les préjugés.
  8. Améliorer la collecte des données sur le handicap pour mieux orienter les politiques.
  9. Renforcer et soutenir la recherche sur le handicap et les interventions efficaces.

Un vaste programme qui nous concernent tous en tant qu’acteurs, gouvernements, organisations internationales, société civile, organisations de personnes handicapées. Mais aussi prestataires de services, entreprises, établissements d’enseignement, ainsi que les personnes handicapées et leurs familles. Et donc nous aussi à CRIC Association.

Une vision définitivement inclusive des personnes handicapées

© Elevate Unsplash

Une vision inclusive de notre société © Elevate Unsplash

Le rapport s’inscrit dans une perspective des droits de l’homme et du développement durable. Il rappelle que le handicap fait partie de la condition humaine. Pratiquement tout le monde sera touché temporairement ou durablement à un moment de sa vie. Il souligne que pour atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement, il est indispensable d’inclure les personnes handicapées. Nous devons leur donner les moyens de participer pleinement à la vie sociale, économique, culturelle et politique.

Le rapport appelle à un changement de paradigme. Il faut passer d’une approche centrée sur la déficience à une approche fondée sur l’inclusion, la participation et la dignité.

Il met en lumière des exemples de bonnes pratiques dans divers pays. Ceux-ci ont réussi à surmonter certains obstacles grâce à des politiques inclusives, des adaptations raisonnables, des services de réadaptation accessibles et une sensibilisation accrue.

Une base de travail pour agir

Le Rapport mondial sur le handicap 2011 fournit une base factuelle solide. Il doit orienter les politiques et programmes visant à améliorer la vie des personnes handicapées dans le monde. Sa vision est celle d’un monde inclusif où chacun peut vivre en bonne santé, dans le confort et la dignité, et où les barrières à la participation sont levées.

La mise en œuvre de ses recommandations est un défi majeur. C’est une obligation morale et sociale pour construire des sociétés plus justes et plus équitables.

Un défi pour chacun d’entre nous. Nous citoyens et nous acteurs de CRIC Association.

 

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